Baudet du Poitou

La plus ancienne race d’âne

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Origine

Collection Eric Rousseaux

L’âne aurait pour berceau d’origine l’Afrique du Nord-ouest. De nombreux peuples du Proche-Orient l’ont connu et domestiqué depuis longtemps, et les différentes invasions l’ont amené très tôt en Europe où il s’est surtout développé dans les pays méridionaux.

L’Âne du Poitou semble avoir fait son apparition dès le Xe siècle en France, époque à laquelle plusieurs écrits font déjà état de la pratique de l’hybridation mulassière. Il faut cependant attendre 1717 pour en trouver une description correspondant à son type actuel. L’industrie mulassière poitevine, particulièrement florissante du XVIIe au XIXe siècle, assura une solide réputation de géniteur à l’Âne du Poitou, qui fut largement exporté dans de nombreux pays (Amérique, Pays méditerranéens…) avant de voir ses débouchés intérieurs et extérieurs disparaître rapidement après la Seconde guerre mondiale.

En 1977, une étude réalisée par Annick Audiot, met en évidence qu’il ne reste plus que 44 Baudets du Poitou. En novembre 1979, les Haras nationaux, en partenariat avec les éleveurs et le Parc naturel régional du Marais poitevin décident le lancement d’une opération de sauvegarde, consolidée notamment par la création d’une asinerie expérimentale chargée de l’amélioration génétique, du perfectionnement des techniques d’élevage, du recueil des traditions et de l’information du public. Installée en Charente-Maritime à Dampierre-sur-Boutonne, celle-ci ouvre ses portes en janvier 1982. Cette structure est chargée de la mise en œuvre d’une opération de croisement continu d’absorption qui débute en 1981, avec l’acquisition de 18 ânesses portugaises de grande taille destinées à être saillies par des Baudets du Poitou de race pure. A chaque génération, la femelle croisée obtenue (les mâles ne sont pas retenus dans ce protocole) doit être à son tour saillie par un baudet de race pure. Ce mode de croisement permet d’obtenir à la septième génération un produit à 99,2 % poitevin (127/128e de sang poitevin) susceptible d’être réintégré dans la race d’origine.

En 1989, la SABAUD (association pour la sauvegarde du Baudet du Poitou, créée en 1988) mobilise différents partenaire financier, avec lesquels elle procède au rachat du cheptel de Suzanne Auger dont elle assure toujours la gestion.

Morphologie

Championne de race 2010 des femelles de 3 ans

Photo : Yann Morceau

Le standard du Baudet du Poitou peut se décrire ainsi : Tête grosse et longue ; oreilles longues et bien ouvertes, garnies de poils longs. Encolure forte ; garrot effacé ; dos droit et long ; rein bien attaché ; hanches peu saillantes ; croupe courte. Cuisse longue et musclée ; épaule droite ; sternum saillant ; côtes rondes ; membres puissants, articulations très larges ; pieds larges et ouverts, recouverts de poils.

Robe bai brun, passant quelquefois au jaunâtre (dans ce cas, appelée fougère), avec le pourtour de la bouche, du nez, des yeux gris argenté bordé d’une auréole rougeâtre. La robe ne doit jamais être rubican (groupe de poils blancs disséminés dans la robe) ni porter de raie de mulet (bande noire longeant la ligne dorsale du garrot à la queue) ni porter le bande scapulaire ou de bande cruciale. Dessous du ventre et intérieur des cuisses gris clair ; sans aller au blanc lavé.

L’ânesse est parfois moins chargée de poils ; son bassin et sa croupe sont plus larges que chez le mâle.

Taille moyenne du mâle : 1.45 m

Taille moyenne de la femelle : 1.40 m

Zone d’élevage

Anesse suitée dans le marais poitevin

Photo : Pascal Lando

A l’origine, le coeur du Berceau de race est la région de Melle en Deux-Sèvres. Toutefois, le Baudet du Poitou était élevé dans toute la zone comprenant le sud des Deux-Sèvres (23% des naissances en 2007), l’ouest de la Vienne (20% des naissances en 2007), le sud de la Vendée (4% des naissances en 2007), le nord de la Charente (6% des naissances en 2007) et de la Charente-Maritime (6% des naissances en 2007). Aujourd’hui, son élevage s’étend à d’autres régions de France (33% des naissances en 2007) et dans quelques pays étrangers (9% des naissances en 2007).

Aptitudes et utilisations

Sélectionné depuis toujours dans l’objectif de produire des mules de grandes tailles, il tire toute sa valeur de son rôle de reproducteur. C’est la raison pour laquelle l’appellation « Baudet du Poitou » désigne désormais la race âsine du Poitou, alors que dans cette espèce, le terme « baudet » désigne normalement le mâle reproducteur.

Baudet attelé

Photo : Eric Rousseaux

Aujourd’hui de plus en plus de passionnés utilisent le Baudet du Poitou pour le travail agricole, la selle, le bât ou encore l’attelage de loisir. L’asinerie du Baudet du Poitou, à Dampierre/Boutonne est à l’origine de l’utilisation de ses animaux dans d’autres activités que celle de la reproduction. En effet, les Baudet du Poitou, contrairement aux autres races ânes n’avaient pas eu l’habitude au cours des siècles d’être utilisé pour des travaux agricoles. Mais la mise en place du croisement continu d’absorption a fait apparaître en quantité non négligeable un type d’animaux ne pouvant pas être utilisés pour la reproduction : les mâles du livre B.

Baudet attelé voiture moderne

Photo : Eric Rousseaux

Certains propriétaires se sont donc mis à les bâter, à les atteler, et même à les monter. Si les allures de quelque uns d’entre eux ont rendu leur utilisation parfois difficile, la majorité a surpris de façons très positives ces innovateurs. Le Baudet du Poitou se trouve en effet être un bon porteur, assez allant et pouvant développer beaucoup de force. Après avoir utilisé un Baudet du Poitou dans un chantier de débusquage, nous pouvons même assurer que ces animaux sont capables de déployer une force de traction assez impressionnante…  Finalement, il se pourrait bien que les qualités d’animal de travail reconnues chez la Mule Poitevine trouvent également leurs origines dans leurs ascendances paternelles !

Baudet en maraichage

Photo : Eric Rousseaux

Forte de ce constat, l’Asinerie du Baudet du Poitou, qui accueille un grand nombre de visiteurs et participe régulièrement aux concours d’utilisation des Haras Nationaux (où elle affronte les autres races d’ânes), a fait le pari de convaincre les plus septiques des aptitudes du Baudet du Poitou. Les démonstrations faites lors du Trophée de l’âne du Salon de l’agriculture (en 2012 le représentant de la race Baudet du Poitou, Paresse des Vents, mené Anne-Louise Blouin, est arrivé premier des 7 races d’ânes), contribuent également à cette reconnaissance.

Derniers chiffres ( source SIRE)

85 baudets en activité en 2012 dont 78 pour la production en Baudet du Poitou

382 ânesses Baudet du Poitou saillies en 2012

174 élevages en 2011, taille moyenne : 2,3 poulinières

169 naissances en 2012 :  70 livre B et 99 livre A

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